C’est le BHV près de l’Hotêl de Ville, un samedi soir.
Je sortais du Gibert, où j’avais acheté deux livres de Paul Auster en occasion (quand je suis arrivée en haut du magasin, dans la “pochothèque”, il y avait un monde fou, composé essentiellement de collégiens-lycéens insuportables à la recherche des lectures obligatoires de leur année. Enfin, pour être honnête, ce jour-là, ça tombait bien que je sois venue acheter quelque chose à lire pour moi, parce que j’aurais eu du mal à les mépriser aussi aisément en ramassant moi-même des livres pour mes cours sur les étagères. Mais, fort heureusement, la fac de Nanterre n’a toujours pas sorti ses nouveaux programmes de licence, c’est vrai, quoi, pourquoi faire comme toutes les autres universités, pourquoi faire les choses à temps).
Je sortais du Gibert, donc, quand je me suis souvenu de la nécessité d’acheter un cadeau d’anniversaire à la mère de mon copain. Il était six heures et demi, j’avais encore le temps d’aller près de Montparnasse chercher quelque chose dans une boutique repérée au préalable, j’ai donc tenté de prendre le 96 qui y va. Vingt minutes plus tard, et n’ayant définitivement pas trouvé l’arrêt de bus (comme quoi, on peut traîner au quartier latin la moitié de sa vie, on ne sait jamais tout), je décide de me rabattre sur le BHV aperçu quelques minutes auparavant, selon la philosophie du “tout sauf les sous-sols des Halles un samedi”. Je dois confesser, à ma grande honte, que je n’avais qu’une idée très vague de ce qu’était un BHV, l’enseigne n’étant absolument pas dans mon cercle de fréquentations, et me représentait plutôt un Ikea-like qu’un Bon marché.
J’aime et je n’aime paradoxalement pas offrir de cadeaux. Même si ça me fait plaisir de faire plaisir à quelqu’un en lui offrant quelque chose, la pression du bon cadeau me décourage, c’est pourquoi j’offre souvent des livres – d’une certaine façon, je ne me mouille pas excessivement quant à la qualité de l’oeuvre, contrairement à un kit de création porcelaine ou un vêtement, qui semblent dévoiler immédiatement et dans la totalité leurs qualités. Quoi qu’il en soit, j’ai erré quelques temps au rayon Loisirs créatifs, avant de conclure que tous ces Loisirs créatifs n’étaient pas assez utiles pour ma “belle-mère”, c’est pourquoi j’ai fini au rayon Cuisine assez vite.
Finalement, j’ai trouvé un cadeau, assez girly (j’essaye d’être girly avec la mère de mon copain, parce que je sens qu’il y a une demande, malgré les années et mes jeans trop larges), du thé à la rose dans une boîte rose et une boule à infuser en forme de bonhomme-fleur.
Sinon, j’ai commencé à lire La nuit de l’oracle hier soir, c’est vraiment très bien.